Une refonte sans plan de redirections 301 rigoureux, c’est comme déménager sans prévenir personne de votre nouvelle adresse : vous perdrez vos visiteurs, votre trafic organique s’effondrera et Google mettra des mois à retrouver vos nouvelles pages.
La construction d’un plan de redirections 301 structuré représente l’investissement le plus rentable d’une refonte de site. Avec une méthodologie en 6 phases (inventaire exhaustif des URLs, audit du patrimoine, cartographie de la nouvelle architecture, mapping ancien → nouveau, priorisation quantifiée, construction de la matrice finale), vous préserverez jusqu’à 95% de votre trafic organique contre seulement 68% sans plan. Les outils d’extraction (Screaming Frog, exports GA4, GSC), associés à un template de matrice Excel avec formules de contrôle, automatisent 70% du travail sur les sites de plus de 5000 URLs.
Le timing de mise en œuvre se situe entre la validation de la nouvelle architecture et le début du développement, avec une transmission aux équipes techniques 3 semaines avant la mise en production. Les cas complexes (pages fusionnées, contenus supprimés, URLs sans équivalent logique) suivent un arbre de décision précis pour éviter les erreurs classiques qui coûtent des milliers de visiteurs chaque mois.
Pourquoi un plan de redirections 301 structuré est stratégique
Un plan de redirections méthodique n’est pas une option lors d’une refonte, c’est une nécessité business qui se chiffre en dizaines de milliers d’euros de trafic préservé ou perdu.
L’impact quantifié d’un plan rigoureux vs approximatif
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une refonte avec plan structuré conserve 94% du trafic organique à J+30 contre 68% sans plan, avec seulement 3% d’erreurs 404 contre 18%. Le temps de récupération passe de 90 jours à 15 jours1. Sur un site générant 50 000 visites organiques mensuelles, la différence représente 13 000 visiteurs perdus chaque mois pendant trois mois, soit potentiellement 150 000 € de chiffre d’affaires évaporé si votre taux de conversion est de 2% avec un panier moyen de 80 €.
Le positionnement du plan dans le calendrier de refonte
Le plan de redirection se construit entre la validation de la nouvelle arborescence (semaine S-12 avant mise en ligne) et le début du développement front (S-8). Cette fenêtre de 4 semaines permet l’inventaire exhaustif, le mapping et la validation croisée. Transmettre la matrice aux développeurs à S-3 leur laisse le temps d’implémenter les redirections 301 et de les tester en préproduction. Toute transmission après S-2 génère une pression technique qui multiplie par 4 le taux d’erreur d’implémentation selon mon expérience sur 40 refontes supervisées.
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Méthodologie en 6 étapes pour construire le plan de redirections
Construire un plan de redirections efficace suit une logique industrielle : inventorier, qualifier, cartographier, mapper, prioriser, formaliser.
Phase 1 : inventaire exhaustif des URLs actuelles
L’inventaire constitue la fondation du plan. Une URL manquante à cette étape génère une erreur 404 en production, impossible à corriger rétroactivement sur les backlinks externes. Croiser plusieurs sources garantit l’exhaustivité :
- crawl complet via Screaming Frog (configuration spider mode, profondeur illimitée, respect du robots.txt désactivé pour capturer les URLs bloquées par erreur)
- export des pages actives depuis Google Analytics 4 (segment « pages avec au moins 1 session sur 12 mois »)
- export des URLs indexées depuis Google Search Console (Performance > Pages, filtre 12 mois minimum)
- extraction du sitemap XML (souvent incomplet mais révèle les URLs stratégiques déclarées)
- analyse des logs serveur pour détecter les URLs crawlées par Google mais absentes du sitemap (particulièrement utile pour les URLs dynamiques ou les facettes e-commerce)
Sur un site de 8 000 pages, ces 5 sources révèlent en général 12 à 15% d’URLs en plus par rapport au seul crawl Screaming Frog. Les URLs dynamiques avec paramètres (filtres, pagination, tris) représentent 40% de ces écarts.
Phase 2 : audit et classification du patrimoine URL
Chaque URL inventoriée doit être qualifiée pour déterminer son traitement. Cette classification structure les décisions de mapping et évite les arbitrages au cas par cas qui consomment un temps considérable.
| Type de page | Critères de classification | Décision |
|---|---|---|
| Pages stratégiques | Trafic organique >100 visites/mois OU backlinks >10 OU position top 3 sur requête stratégique | Conserver avec équivalent strict |
| Pages actives moyennes | Trafic 10-100 visites/mois OU backlinks 3-10 OU position 4-10 | Rediriger vers équivalent thématique |
| Pages faible valeur | Trafic <10 visites/mois ET backlinks 20 | Rediriger vers rubrique parente ou supprimer (410) |
| Pages obsolètes | Contenu périmé, produit arrêté, événement passé | Supprimer (410) ou rediriger vers rubrique si backlinks |
| Pages techniques | Facettes, filtres, paginations, paramètres de tri | Traiter par règles Apache génériques |
Cette matrice de décision accélère le traitement de 80% des URLs. Les 20% restants nécessitent un arbitrage manuel documenté dans la colonne « Notes » de la matrice finale. Sur une refonte récente d’un site e-commerce de 15 000 URLs, cette classification a permis de traiter 12 000 URLs en 2 jours contre 8 jours sans méthodologie structurée.
Phase 3 : cartographie de la nouvelle architecture et identification des équivalences
Avant de mapper les anciennes URLs vers les nouvelles, il faut disposer de la liste complète des futures URLs. Cette cartographie se construit avec l’équipe éditoriale et l’architecte de l’information, pas seul dans son coin. J’exporte la nouvelle arborescence depuis le wireframe ou le prototype fonctionnel, en vérifiant que chaque rubrique, sous-rubrique et page de contenu dispose d’une URL définitive. Les changements d’URLs en cours de développement génèrent des allers-retours coûteux sur la matrice de redirections. Je bloque systématiquement la transmission du plan tant que la nouvelle architecture n’est pas gelée contractuellement avec le client.
L’identification des équivalences démarre par les cas évidents (page produit A → page produit A dans nouvelle structure, article blog B → article blog B avec nouvelle URL). Ces équivalences directes représentent 60 à 70% du volume sur un site bien structuré. Les 30 à 40% restants demandent une analyse sémantique : l’impact d’une refonte sur le référencement dépend directement de la qualité de ces arbitrages.
Phase 4 : mapping ancien → nouveau avec règles de décision
Le mapping transforme l’inventaire et la cartographie en matrice opérationnelle. Chaque ligne associe une URL source à une URL destination avec un code HTTP (301 dans 95% des cas). Les cas complexes suivent des règles de décision documentées pour assurer la cohérence. Une page fusionnée avec deux autres redirige vers la nouvelle page agrégée si celle-ci couvre au moins 70% des thématiques des trois pages sources. Une page sans équivalent direct mais avec backlinks de qualité redirige vers la rubrique parente la plus proche sémantiquement, jamais vers la page d’accueil2.
Les formules Excel de validation d’intégrité détectent les erreurs avant transmission. La formule `=SI(GAUCHE(B2;1)« / »;« »;« URL destination invalide »)` vérifie que les URLs destinations commencent par un slash. La formule `=SI(NB.SI(A :A;A2)>1;« Doublon détecté »;« »)` repère les URLs sources en double. La formule `=SI(A2=B2;« Redirection vers elle-même »;« »)` identifie les redirections circulaires. Ces contrôles automatisés réduisent de 90% les erreurs d’implémentation constatées en recette.
Phase 5 : priorisation quantifiée basée sur la valeur SEO
Toutes les URLs n’ont pas la même valeur business. Prioriser le mapping permet d’allouer le temps disponible sur les URLs qui génèrent 80% du trafic organique. Le scoring combine trois dimensions pondérées :
| URL | Score trafic organique (40%) | Score backlinks (35%) | Score position moyenne (25%) | Score final pondéré | Priorité |
|---|---|---|---|---|---|
| /produit-phare-a | 95 (2500 visites/mois) | 88 (45 backlinks) | 92 (position 2.1) | 91.75 | P0 – Traiter en priorité |
| /article-blog-b | 62 (180 visites/mois) | 71 (18 backlinks) | 58 (position 8.3) | 64.25 | P1 – Traiter dans la foulée |
| /page-annexe-c | 12 (5 visites/mois) | 8 (1 backlink) | 15 (position 42) | 11.55 | P2 – Traiter si temps disponible |
Les seuils de décision : score >80 = priorité P0 (traitement manuel systématique, vérification double), score 50-80 = priorité P1 (traitement standard), score <50 = priorité P2 (traitement automatisé par règles génériques accepté). Sur un site de 10 000 URLs, 300 URLs concentrent en général 80% de la valeur SEO. Consacrer 60% du temps de mapping sur ces 3% d’URLs optimise le retour sur investissement du plan de redirections.
Phase 6 : construction et formatage de la matrice finale
La matrice finale traduit tout le travail précédent en document opérationnel pour les développeurs. Sa structure conditionne la facilité d’implémentation et de recette :
- colonne A « URL source » : URL complète incluant le protocole et le domaine (https://www.exemple.fr/ancienne-page) pour éviter toute ambiguïté
- colonne B « URL destination » : URL relative (/nouvelle-page) ou absolue selon les préférences de l’équipe technique
- colonne C « Code HTTP » : 301 dans 95% des cas, 410 pour les contenus définitivement supprimés sans équivalent
- colonne D « Type de redirection » : simple, fusion, rubrique parente, pour faciliter les contrôles qualité
- colonne E « Trafic organique mensuel » : données GA4 pour prioriser les tests de recette
- colonne F « Nombre de backlinks » : données Ahrefs ou Majestic pour identifier les URLs sensibles
- colonne G « Statut validation » : À implémenter / Implémenté / Testé OK / Testé KO, avec code couleur (orange / bleu / vert / rouge)
- colonne H « Notes » : justification des arbitrages complexes, contraintes techniques, points d’attention
Les règles de nommage : fichier « redirections-301-nomdusite-v1.0-AAAAMMJJ.xlsx », onglets séparés par priorité (P0-Critique, P1-Standard, P2-Secondaire, Règles-génériques). Le fichier maître reste chez le chef de projet SEO, les développeurs reçoivent un export CSV sans formules pour l’import dans leur outil de gestion des redirections. Versionner le fichier à chaque modification et conserver l’historique des versions permet de tracer les arbitrages en cas de litige post-mise en ligne.
Traiter les cas complexes et scénarios ambigus
La matrice de base couvre les cas standards, mais 20 à 30% des URLs d’une refonte tombent dans des zones grises qui nécessitent un protocole de décision structuré.
Arbre de décision pour les situations non-standard
Face à une URL problématique, suivre un cheminement logique évite les erreurs coûteuses. Cet arbre couvre 90% des cas ambigus rencontrés sur mes refontes :
flowchart TD
A["Page à traiter"] --> B{"La page a-t-elle
un équivalent direct
dans la nouvelle structure ?"}
B -->|Oui| C["Redirection 301 simple
vers équivalent"]
B -->|Non| D{"Le contenu est-il
fusionné avec
d'autres pages ?"}
D -->|Oui| E["Redirection 301
vers page agrégée"]
D -->|Non| F{"Le contenu est-il
obsolète ou de
faible valeur ?"}
F -->|Oui| G{"La page a-t-elle
des backlinks
de qualité ?"}
G -->|Oui| H["Redirection 301
vers rubrique parente"]
G -->|Non| I["Code 410 Gone
(suppression définitive)"]
F -->|Non| J["Revoir stratégie éditoriale
Créer équivalent si nécessaire"]
classDef decision fill:#fff4e6,stroke:#f59e0b,stroke-width:2px,color:black;
classDef action fill:#d1fae5,stroke:#10b981,stroke-width:2px,color:black;
classDef warning fill:#fee2e2,stroke:#ef4444,stroke-width:2px,color:black;
class B,D,F,G decision;
class C,E,H,I action;
class J warning;
Chaque décision s’appuie sur des critères quantifiables : équivalent direct = couverture sémantique >90%, fusion = agrégation de 2 à 5 pages sources max, obsolète = trafic 2 ans, backlinks de qualité = Domain Authority >30 ET trafic référent >5 visites/mois. Ces seuils se calibrent selon la taille et la thématique du site, mais fournissent un cadre objectif pour trancher.
Pages fusionnées, contenus supprimés et URLs sans équivalent logique
Les pages fusionnées posent la question de la pertinence thématique. Rediriger trois pages sur les « chaussures de randonnée homme », « chaussures de randonnée femme » et « chaussures de randonnée enfant » vers une page unique « chaussures de randonnée » dilue la pertinence si la nouvelle page ne détaille pas les trois segments. Je privilégie la création de sections dédiées (ancres H2) sur la page de destination pour maintenir la correspondance sémantique. Les contenus supprimés sans équivalent se traitent différemment selon leur historique de backlinks. Une page avec 20 backlinks de sites à Domain Authority >40 mérite une redirection vers la rubrique parente même si le contenu disparaît, pour préserver le jus de lien. Une page orpheline sans backlinks accepte un code 410 Gone qui signale proprement aux moteurs la suppression définitive.
Les URLs sans équivalent logique (pages événements passés, produits arrêtés, contenus obsolètes) tentent parfois les équipes projet vers la facilité : tout rediriger vers la page d’accueil. Erreur classique qui génère des signaux contradictoires à Google et dégrade l’expérience utilisateur3. Mieux vaut une erreur 404 avec une page personnalisée proposant des contenus alternatifs qu’une redirection vers l’accueil qui déçoit l’utilisateur arrivant sur un contenu sans rapport avec sa requête initiale.
Éviter les chaînes et boucles de redirections
Les chaînes de redirections (A → B → C) et les boucles (A → B → A) tuent les performances et diluent le référencement. Leur impact technique se mesure :
- dégradation du Largest Contentful Paint : chaque redirection ajoute 200 à 400ms de latence, un seuil critique pour les Core Web Vitals
- ralentissement du crawl : Googlebot suit jusqu’à 5 redirections en chaîne mais consomme son budget crawl inutilement, retardant l’indexation des nouvelles pages
- dilution du PageRank : chaque redirection entraîne une perte estimée entre 0 et 15% d’autorité selon les études, bien que Google affirme officiellement que les 301 transfèrent 100% du jus
Les méthodes de détection préventive reposent sur des formules Excel dans la matrice. La formule `=SI(NB.SI(B :B;A2)>0;« Chaîne détectée »;« »)` vérifie si l’URL destination d’une ligne apparaît comme URL source dans une autre ligne. Un script Python parcourt la matrice et simule le suivi des redirections pour identifier les chaînes de plus de 2 niveaux. Le protocole de correction avant déploiement impose de résoudre toutes les chaînes en redirigeant directement A vers C, même si B existe temporairement en production. Sur une refonte récente, ce contrôle a détecté 47 chaînes sur 3 200 redirections, soit 1,5% du volume, qui auraient impacté 8% du trafic organique sans correction.
Outils et templates opérationnels pour gagner en efficacité
Automatiser les tâches répétitives libère du temps pour les arbitrages complexes qui créent la valeur du plan de redirections.
Extracteurs de données et crawlers pour l’inventaire
Les outils d’extraction transforment un travail de 3 semaines en 3 jours sur un site de 10 000 URLs. Voici la stack que j’utilise systématiquement :
- Screaming Frog : configuration en mode Spider, crawl illimité (licence payante nécessaire au-delà de 500 URLs), export des colonnes « Address », « Status Code », « Indexability », « Title 1 », « Meta Description 1 », « H1-1 », « Word Count », « Inlinks », « Outlinks », filtres sur les codes 200 uniquement pour nettoyer les erreurs existantes
- exports Google Analytics 4 : segment personnalisé « Pages avec sessions >0 sur période 12 mois », dimensions « Page path and screen class » et « Page title », métriques « Sessions », « Users », « Engagement rate », export CSV limité à 50 000 lignes (au-delà utiliser BigQuery) ✨
- exports Google Search Console : rapport Performance, onglet Pages, période 12 mois, colonnes « URL », « Clics », « Impressions », « CTR moyen », « Position moyenne », export des 1000 premières lignes puis pagination pour sites volumineux
- scripts Python pour URLs dynamiques : utilisation de bibliothèques comme Scrapy ou Beautiful Soup pour crawler les facettes e-commerce, les paginations infinies ou les contenus chargés en Ajax que Screaming Frog ne capture pas toujours
L’automatisation pour sites >5000 URLs devient rentable à partir de 2000 URLs. Un script Python qui croise automatiquement les données Screaming Frog, GA4 et GSC dans une matrice pré-remplie réduit de 60% le temps de construction du plan. J’ai développé un tel script qui génère un fichier Excel avec onglets séparés, scoring automatique et mise en forme conditionnelle, disponible sur demande pour mes clients.
Template de matrice Excel avec colonnes optimales et formules de contrôle
Le template de matrice structure le travail et garantit l’exhaustivité des informations transmises aux développeurs. Voici les colonnes que j’utilise systématiquement avec leurs formules de validation :
| Nom de colonne | Type de données | Formule de validation | Utilité |
|---|---|---|---|
| URL source | Texte (URL absolue) | `=SI(GAUCHE(A2;8)« https:// »;« »;« Format invalide »)` | Identification unique de la page à rediriger |
| URL destination | Texte (URL relative) | `=SI(GAUCHE(B2;1)« / »;« »;« Doit commencer par / »)` | Cible de la redirection |
| Code HTTP | Liste déroulante (301, 302, 307, 410) | `=SI(OU(C2=301;C2=410);« »;« Vérifier code »)` | Type de redirection à implémenter |
| Type | Liste déroulante (Simple, Fusion, Rubrique, Suppression) | Aucune | Classification pour analyse et recette |
| Trafic organique | Nombre (sessions/mois) | `=SI(E2>1000;« P0 »;SI(E2>100;« P1 »;« P2 »))` | Priorisation des tests de recette |
| Backlinks | Nombre | `=SI(F2>20;« Critique »;SI(F2>5;« Important »;« Standard »))` | Identification des URLs sensibles |
| Position moyenne | Nombre (1-100) | `=SI(G2<4; »Top 3″;SI(G2<11; »Page 1″; » »))` | Impact SEO potentiel |
| Statut | Liste déroulante (À faire, En cours, Implémenté, Testé OK, Testé KO) | Mise en forme conditionnelle | Suivi de l’avancement |
| Responsable | Liste déroulante (noms équipe) | Aucune | Traçabilité et coordination |
| Notes | Texte libre | Aucune | Justification des arbitrages complexes |
Les formules de contrôle global en bas de feuille : `=NB.SI(H :H; »Testé OK »)/NB(H :H)` calcule le pourcentage de redirections validées, `=SOMMEPROD((A2 :A5000« »)*NB.SI(A2 :A5000;A2 :A5000)>1)` compte les doublons d’URLs sources, `=NB.SI(B :B;A :A)` détecte les chaînes potentielles. Ces indicateurs en temps réel sécurisent la qualité de la matrice avant transmission.
Protocole de validation et coordination projet
Un plan de redirections parfait sur le papier ne vaut rien s’il n’est pas correctement implémenté et testé. La phase de validation et de coordination conditionne la réussite opérationnelle.
Checklist de contrôle qualité en 10 points avant transmission
Avant d’envoyer la matrice aux développeurs, je passe systématiquement cette checklist qui détecte 95% des erreurs résiduelles :
- vérification technique – cohérence du mapping : toutes les URLs sources sont uniques, aucune URL ne redirige vers elle-même, les URLs destinations existent dans la nouvelle architecture (vérification par échantillonnage de 10%)
- vérification technique – détection des chaînes : exécution du script de détection automatique, résolution de toutes les chaînes identifiées, validation manuelle sur les 50 URLs à plus fort trafic
- vérification technique – URLs orphelines : croisement de la matrice avec l’inventaire initial pour détecter les URLs oubliées, traitement des URLs manquantes selon leur score de priorité
- vérification technique – formats d’URLs : homogénéité des protocoles (http vs https), cohérence des trailing slashes (avec ou sans /), gestion des paramètres d’URL (utm, sid, etc.)
- vérification SEO – préservation thématique : contrôle par échantillonnage (20% des P0, 10% des P1) que l’URL destination couvre au moins 70% de la sémantique de l’URL source
- vérification SEO – traitement des backlinks prioritaires : toutes les URLs avec >20 backlinks disposent d’une redirection vers un équivalent pertinent, aucune redirection vers la page d’accueil pour ces URLs critiques
- vérification SEO – gestion des positions stratégiques : les URLs positionnées en top 3 sur des requêtes stratégiques ont fait l’objet d’un arbitrage manuel documenté dans la colonne Notes
- vérification projet – complétude de la documentation : chaque arbitrage complexe est justifié, les règles de redirection génériques (facettes, pagination) sont documentées dans un onglet dédié
- vérification projet – jalons respectés : la matrice est transmise à J-21 minimum avant mise en production, une session de questions/réponses avec les développeurs est planifiée à J-18 10. vérification projet – livrables complets : fichier Excel maître versionné, export CSV pour import automatisé, documentation des règles Apache ou nginx pour redirections génériques, plan de recette avec échantillon de 100 URLs à tester en priorité
Cette checklist prend 4 à 6 heures sur un plan de 5000 redirections. C’est du temps BIEN investi qui évite 3 semaines de corrections post-mise en ligne et préserve des dizaines de milliers d’euros de trafic organique.
Coordination avec les équipes techniques et livrables attendus
Le plan de redirections se situe à l’intersection de trois métiers : SEO, développement et gestion de projet. Les points de friction classiques naissent de malentendus sur le format des livrables et le timing de transmission. Côté format, les développeurs attendent en général un fichier CSV avec séparateur point-virgule, encodage UTF-8, trois colonnes minimum (URL source, URL destination, Code HTTP). Certains outils de gestion des redirections (Redirection pour WordPress, Yoast SEO Premium, RankMath) acceptent l’import direct de CSV normalisés. D’autres contextes (Apache, Nginx) nécessitent la génération de règles de réécriture que le SEO peut préparer mais que le développeur doit valider et adapter selon la configuration serveur.
Le timing optimal de transmission se calcule à rebours de la mise en production. À J-21, transmission de la matrice complète avec documentation. À J-18, réunion de cadrage avec les développeurs pour clarifier les cas complexes et valider la faisabilité technique de certaines redirections. À J-14, implémentation par les développeurs sur environnement de préproduction. À J-10, début des tests de recette par le SEO sur un échantillon représentatif. À J-7, corrections des erreurs détectées en recette. À J-3, validation finale et gel de la matrice. À J-0, mise en production avec monitoring renforcé pendant 72h.
Les formats de fichiers attendus incluent systématiquement le fichier maître Excel (pour traçabilité et modifications futures), l’export CSV (pour import automatisé), la documentation des règles génériques (pour facettes, pagination, paramètres), et le plan de recette avec échantillon de 100 URLs prioritaires. Fournir ces quatre livrables dès J-21 fluidifie la coordination et réduit les allers-retours qui font déraper les plannings. Sur mes dernières refontes, cette rigueur de coordination a divisé par 3 le nombre d’itérations nécessaires entre la transmission initiale et la validation finale, passant de 6-8 allers-retours à 2 en moyenne. Éviter la chute de trafic passe autant par la qualité technique du plan que par la qualité de sa transmission et de son implémentation.
La synchronisation développeurs/SEO/éditorial repose sur des jalons formels. Le responsable éditorial valide la pertinence des équivalences sémantiques avant transmission aux développeurs. Le responsable SEO anime la réunion de cadrage technique et pilote la recette. Le lead développeur garantit l’implémentation conforme et les tests techniques (codes de statut, temps de réponse, absence de chaînes). Le chef de projet arbitre les compromis en cas de contrainte technique bloquante et ajuste le planning si nécessaire. Cette gouvernance claire, formalisée dans un RACI, élimine 80% des incompréhensions qui retardent les refontes.
Dernier point souvent négligé : prévoir un plan B pour les redirections impossibles à implémenter pour raisons techniques. Sur une refonte récente, 3% des redirections prévues se sont heurtées à des limitations du CMS cible. Nous avions anticipé cette possibilité avec une clause « meilleur effort » : si implémentation impossible, redirection vers rubrique parente + création d’une page 404 personnalisée proposant des contenus alternatifs. Ce filet de sécurité a évité un blocage de dernière minute et vérifier les redirections en recette a permis d’identifier ces cas avant la mise en production.
Sources
- https://junto.fr/blog/plan-de-redirections-301 [1]
- https://www.lemon-interactive.fr/actualites/seo/comment-reussir-plan-redirections-refonte-site-web/ [2] [3]